A la naissance de mon premier enfant, j’ai vu mes poubelles se remplir de couches sales à une vitesse incroyable. Ma machine à laver le linge s’est mise à tourner plus vite que la vitesse de la lumière et j’ai bien failli reproduire les grandes pyramides d’Egypte avec des petits pots en verre… Mais « hyper consommer » et produire toujours plus de déchets n’était déjà pas dans ma nature avant la naissance de mes enfants, vous pensez bien qu’après, ce n’était toujours pas le cas.

Au quotidien, nous avons quelques petits trucs pour réduire nos déchets et j’ai eu envie de partager cela avec vous.

Je sais bien que nous pourrions toujours faire plus ou mieux. Certains nous diront que c’est une goutte d’eau dans l’océan… Mais, ce sont des milliards de gouttes qui font une mare. Des millions de mares qui font des ruisseaux et des centaines de ruisseaux qui font les fleuves…

Le tri sélectif – les emballages

Comme il est presque impossible d’acheter des produits dans les grands magasins sans une multitude d’emballages, nous procédons depuis quelques années au tri sélectif.  Les différentes villes dans lesquelles nous avons pu vivre ont mis en place un tri et une collecte sélectifs des déchets des ménages. Certaines villes sont plus exigeantes que d’autres, mais l’idée est là. C’est un premier pas auquel nous nous plions scrupuleusement. Nous avons 3 poubelles différentes : la jaune pour les emballages comme le lait, les jus de fruits, les boites de conserve. La bleue pour tout ce qui est papier et carton. Et la noire pour les déchets ménagers.

Nous avons aussi les « déchets verts » qui passent une fois par semaine en période estivale. Le « verre » est à déposer dans le container à la sortie du village et les grosses pièces sont à déposer à la déchetterie à 5 km ou à faire prendre par un ramassage spécialisé gratuit, sur simple demande.

Lorsque nous nous sommes installés ensemble dans l’Oise, mon conjoint et moi, force a été de constater que pour une famille de 5 personnes, nos poubelles débordaient !

Nous avons donc pris le pari de réduire nos déchets et, par la force des choses, ne plus remplir autant nos poubelles.

Nous habitons à la campagne et nous avons la chance d’avoir un jardin. Outre l’entretien que cela demande, c’est aussi un avantage, une chance qui nous a permis d’installer un composteur. J’avoue, je ne m’en occupe pas trop, c’est la partie de Monsieur. Toujours est-il qu’une grande partie des déchets verts s’y retrouve, ainsi que certains cartons, sachets biodégradables en pulpe de maïs… On peut aussi y mettre tous les déchets alimentaires (si vous n’avez pas de poulailler) : pelures de fruits et légumes, restes non consommés, coquilles d’œufs.
Nous avons aussi acquis un broyeur de végétaux. Régulièrement, il nous faut couper des branches de noisetiers et autres arbres divers. Les copeaux obtenus à l’aide du broyeur permettent d’avoir de la matière sèche pour le composte ou de couvrir le sol des rosiers et des arbustes à fruits.

Réduire sa consommation d’eau

Rien de bien nouveau, mais quelques rappels simples.

  • Mettre des réservoirs sous les gouttières de la maison pour récupérer les eaux pluiviales. Lorsqu’il faut arroser le potager et les fleurs, cela peut être quelques centaines de litres d’eau économisées
  • Utiliser l’eau du bain de bébé pour l’arrosage des plantes
  • Prendre une douche consomme environ 60l d’eau contre 200l pour un bain
  • Laver les légumes et les fruits dans une bassine plutôt que dans l’évier

Utiliser des sachets biodégradables

Certains supermarchés mettent à disposition des sachets en pulpe de maïs pour les fruits et légumes. N’hésitez pas à en faire la demande auprès de la direction de votre supermarché préféré s’il n’en propose pas déjà. Et bien sur, nous avons toujours dans le coffre des voitures un certain nombre de sacs réutilisables pour les courses.

A l’unité, en vrac, en grandes quantités : consommer différemment

Là encore, certains supermarchés proposent :

  • Des yaourts à l’unité, sans emballages superflus.
  • D’acheter des denrées sèches en vrac afin de ne pas multiplier les petits emballages : pâtes, riz, semoule, sucre en poudre, café en grain …
  • Des pots de compotes de 1 kg. Les bocaux en verre sont recyclés pour les compotes maison, du rangement divers (clous, visses …) ou conserver les produits ci-dessus
  • Des produits laitiers vendus par 500 g ou même au kg : fromage blanc, yaourts, crème …

Dans les magasins bio, on va pouvoir retrouver ce système de vente en vrac avec une large gamme de produits secs comme les amandes, le sucre, les pâtes, le riz… des produits de base, et des sacs en papier réutilisables ! Idéalement, j’aimerais pouvoir y amener mes propres sacs en tissu mais bon… on ne peut pas tout exiger d’un seul coup, n’est ce pas ?

Une chose est certaine, en achetant le moins possible des produits déjà cuisinés, vous allégez votre poubelle de contenants divers et variés. Et votre porte monnaie vous remercie pour les économies réalisées. Il est reconnu que le « fait maison » est bien moins onéreux que le « tout prêt » et surtout, vous savez ce que vous mangez !

Il y a quelques jours, j’ai découvert une petite chaîne de magasins ne proposant que des produits en vrac ! L’idée est de n’acheter que ce dont on a besoin et là, il est justement recommandé d’amener ses propres contenants ! Concept hyper séduisant, mais encore trop loin de chez moi 🙁

Un poulailler

Toujours dans le registre du recyclage alimentaire, je vous suggère aussi les poules ! Bon, ok, là encore cela nécessite un petit bout de jardin mais pour en faire l’expérience depuis 2 ans, je n’ai jamais regretté. Nous avons à présent 6 poules, un poulailler et un enclos de 6m2 environ. Tous les déchets alimentaires sont ainsi valorisés et transformés en œufs frais ! L’entretien ne prend vraiment pas beaucoup de temps et le blé dont elles ont besoin régulièrement en complément ne nous coûte vraiment pas grand chose (8.50€ le sac de 25kg à la ferme) Un article plus complet si l’aventure vous tente.

Des vers pour composter

Si vous n’avez pas de jardin, tout n’est pas perdu. Je n’ai pas testé personnellement mais je n’ai entendu que du bien du Lombricompostage. Il parait même que c’est tout à fait envisageable en co-propriété, dans des immeubles plus ou moins grands. Ça ne sent rien, c’est fermé et facile à gérer si on suit juste quelques règles… Je vous recommande ce site, très complet qui vous expliquera tout ce qu’il y a à savoir sur ce sujet.

Des WC différents

Encore dans la rubrique des petits gestes possibles à faire au quotidien, il y aurait beaucoup à dire sur les WC : il semble évident  pour presque tout le monde que tirer la chasse d’eau à chaque petit pipi est une aberration… au moins à la maison. Chez les autres ou dans les WC publiques, il est désormais possible de choisir d’appuyer sur le « petit bouton » ou le « grand bouton »… même le Crampon de 3 ans le sait ! 😉 Et puis si vous êtes très inspirés, il existe « les toilettes sèches ». Des WC où l’eau est remplacée par des copeaux de bois ou de la litière. Vous en trouverez la définition précise sur wikipedia. La lecture de ce site est passionnante et l’information très complète !

Hygiène et habitudes de consommations

Le plus gros travail que nous ayons à faire se situe dans ce domaine. Nous sommes à présent 6 à la maison : 2 adultes, 3 ados et 1 bambin, et nous avons des natures de peau et de cheveux différentes, des âges et des besoins différents. Pas facile de réduire au minimum sans que certain(e)s se sentent frustré(e)s.

Pour commencer :

  • un seul gel douche pour tout le monde. Quelque chose sans trop de cochonneries dedans, surgras et disponible en grande quantité. Le savon liquide bio en 1 l existe ou même en flacon pompe. Objectif :  passer au savon solide (mais pour le coup, mes ados ont posé leur veto… pour l’instant ! 😉 )
  • Pour ce qui est des shampoings, nous prenons l’habitude de les espacer. Plus par souci de cheveux abîmés et agressés à force de les laver trop souvent que par souci d’économies d’ailleurs. Nous nous mettons au shampoing bio, en grand format. Mais là aussi, j’ai bien envie de tester le shampoing solide.
  • Soins du corps divers : on finit les flacons ouverts puis nous passerons sur les huiles naturelles, baumes de karité et beurre de coco.
  • Dentifrice : le même pour tout le monde sauf pour le bambin.
  • Déodorant : Seul Monsieur a tout compris depuis des années et se contente d’une pierre d’alun. Les ados et moi même sommes, pour le coup, de mauvais élèves avec chacun un déodorant différent : stick, roll-on, spray… là il y a un vrai travail à envisager !

Bien sûr, il est toujours possible de faire mieux, d’être encore plus minimaliste en utilisant par exemple du bicarbonate autant pour les cheveux que pour les dents ou comme déodorant, de faire ses cosmétiques maison, d’envisager le « nopoo »… je pense que l’essentiel est de faire ses propres choix en fonction de ses capacités et d’être en accord avec ses principes… on teste, on tâtonne, on confirme… ou pas.

Du lavable pour tout le monde

Si vous avez des tous petits ou si vous allez en avoir, forcément le choix des couches se pose. Pour nous l’évidence a donc été de choisir :

Les lingettes lavables font aussi parti du rituel de la toilette des adultes et des ados avec l’adoption des lingettes démaquillantes lavables. Il y a juste encore quelques disques en coton jetable pour les vernis dont sont friandes mes ados-filles… et oui, le vernis ne part pas sur lingettes lavables… :/

La coupe menstruelle fait partie de ma vie depuis 10 ans environ, j’en ai déjà parlé dans un précédant article. Pour mes filles, leur choix actuel est de rester sur des serviettes jetables. Il faut du temps, de la réflexion et de la maturité parfois pour envisager les choses autrement. Mais si l’idée ne vous rebute pas, les serviettes lavables sont une économie importante et comme les couches lavables, très respectueuses de l’environnement, par définition.

Troc, occasion, recyclage 

Le troc n’est pas nouveau, c’est même la première forme de commerce de l’humanité ! Il est possible de troquer des vêtements, des services, des produits du jardin afin de compléter nos besoins et ceux de nos proches  C’est un échange de bons procédés dans lequel chacun y trouve son compte.

Acheter/vendre d’occasion est aussi particulièrement intéressant : ebay, leboncoin… Internet regorge de sites permettant de trouver de bonnes occasions à petits prix. Emmaüs est aussi appréciable à condition d’aimer chercher la perle rare. Les brocantes font fureur en saison et permettent là aussi de faire d’excellentes affaires, autant en revendant vos petites affaires qu’en trouvant de jolies perles qui n’auraient pas été abordables neuves.

Donner : là encore, Internet est notre ami. Il existe un certain nombre de sites qui mettent en relation des personnes qui donnent et d’autres qui ont des besoins (donnons.org par ex). Bien sûr, c’est aussi bien de donner aux associations de proximité et caritatives : secours populaire, secours catholique…. Les besoins sont toujours importants. Sinon, afin de vider vos placards et vous séparer utilement de ce qui ne vous sert plus, il y a les collectes de vêtements, les ferrailleurs, la famille et les amis, surtout pour les vêtements d’enfants et le matériel de puériculture.

Le recyclage : là, ce n’est pas un paragraphe que je pourrais vous écrire, c’est au moins un article entier, voire un roman. En fait, il y en a déjà quelques-uns sur le sujet d’ailleurs mais ils ne sont pas (encore) de moi 😉 ! Le recyclage pourrait devenir un art, une occupation à temps complet ou encore l’art de détourner un objet de son usage de base pour lui en trouver un autre tout aussi utile voire même plus.  

Quelques exemples :

  • Les petits pots en verre de bébé du commerce pour conserver des graines, pour la peinture des enfants
  • Les pots de confiture : pour en refaire avec les fruits du jardin, de la cueillette ou de la famille, ou encore pour conserver/transporter des sauces et des crèmes
  • les grands pots de compotes en verre : pour y conserver la compote maison, des fruits et légumes secs, des pâtes….
  • Les vieux jeans troués : des pièces de tissus pour faire un tapis de jeu,
  • Les vieux Tshirts : des chiffons lavables
  • De vieilles serviettes de toilettes : des lingettes/débarbouillettes lavables
  • Les vieilles chemises en toile, robes en coton : des sachets réutilisables pour vos courses de produits secs et en vrac
  • ….

Je pense que vous avez compris l’essentiel 😉

Encore quelques exemples pour la route

De nombreuses pistes sont à exploiter pour chacun de nous, en fonction de nos sensibilités et de nos capacités :

  • Utiliser des ampoules basse consommation,
  • Éteindre les lumières des pièces desquelles vous sortez
  • Utiliser le principe des heures pleines/creuses pour mettre en route les machines à laver/sécher : utilisez des minuteurs branchés sur les prises si besoin pour vous y aider
  • Étendre le linge dehors sur le fil quand la météo le permet
  • Proposer vos trajets en voiture sur un site de co-voiturage
  • Utiliser des gourdes Squiz à remplir de compote ou de yaourt pour les enfants à la place des gourdes jetables.
  •  …

Si chacun de nous prend conscience de ses propres capacités à consommer différemment, à polluer moins, à recycler, composter…. c’est déjà cela de gagné pour notre planète et nos enfants !

Et nos poubelles dans tout cela ? Et bien nous avons réussi notre pari ! Nous n’avons plus que 2 sacs poubelles de 50l par semaine (au lieu de 4) dans le container ménager du « divers ». Et nos deux autres poubelles de recyclage ne sont plus remplies qu’à moitié au lieu de déborder. Il y a beaucoup de « verre » à amener au container à la sortie du village puisque nous réutilisons la plupart des récipients. Les poubelles des déchets verts ? Elles comprennent les mauvaises herbes et les tailles de rosiers essentiellement… donc en fait pas grand chose et c’est bien ainsi.

Pour aller plus loin, je vous recommande la lecture du blog de Bea Johnson, ainsi que la lecture de ses livres.