L’industrie du plastique est à son apogée. Les emballages et suremballages se multiplient. L’Europe en produit à elle seule 49 millions de tonnes chaque année. En 2020, elle consommera 900 milliards [1] de produits alimentaires et boissons emballées sous plastique ! On vous explique en quoi c’est une folie et comment réduire simplement votre utilisation quotidienne.

Classée avant-dernière de l’Union Européenne en matière de recyclage du plastique, la France génère chaque année 4,5 millions de tonnes [2] de déchets plastiques. Ce qui fait de nous le pays du pourtour méditerranéen qui en rejette le plus. Et pour cause : notre économie est la plus développée. Or la production de plastique est en lien direct avec la demande de consommation.

Un matériau fantastico-dramatique

Rappelons d’abord que le plastique est un symbole de la modernité du XXe siècle. Plus précisément à partir des années 1960 pendant lesquelles il constitue une découverte fantastique. Depuis, le plastique est devenu une immense source de richesse pour la chimie du pétrole. Avec pas moins de 27,5 milliards d’euros de contribution aux finances publiques dans les pays européens et plus de 1,5 million d’emplois en Europe ; le plastique a révolutionné notre quotidien ! En touchant à tous les secteurs majeurs, tels que le bâtiment, l’automobile, l’électronique, l’aéronautique et surtout l’alimentation.

Bouteilles en plastique : un vrai fléau

En tant qu’emballage léger et peu coûteux, le plastique a offert un progrès colossal en matière de sécurité alimentaire. Mais aussi de préservation de la qualité, de traçabilité des produits et de réduction des pertes et gaspillages. Le plastique, c’est fantastique ? Ça c’était avant ! En 2019, on connaît son vilain défaut : il met des siècles à se décomposer et pollue gravement. Aujourd’hui, la majorité de nos produits de consommation courante sont en plastique ! Au prétexte de normes d’hygiène ou de séduction marketing. Nous consommons de plus en plus de produits à usage unique. Or à 95 %, ces emballages ne servent qu’une seule fois, et sont jetés après leur première utilisation. Difficile de s’en douter et pourtant… Même un sachet de thé contient du plastique. Ainsi, sa forme est préservée une fois dans l’eau bouillante.

Recycler le plastique : la grande illusion

« Le plastique, ça se recycle ! », direz-vous. Oui, en effet… Mais une infime partie seulement ! Parmi les sept catégories existantes, seuls le PET et le PEHD sont recyclés en France. N’empêche qu’une fois dans les poubelles européennes, moins de 30 % des plastiques qui pourraient l’être sont réellement recyclés. Le reste est jeté dans la nature ou incinéré. Sachant que l’incinération du plastique (15 % des déchets produits) et le déversement à ciel ouvert (14 %) pourraient tripler d’ici à 2030. Pour atteindre 350 millions de tonnes par an ! Avec à la clé… des polluants pour la planète, évidement.

le recyclage du plastique : pas si écologique que ça

En outre, le nombre maximal de cycles de décontamination du plastique est limité. Viendra le moment où il finira à la décharge ! Pourtant le recyclage d’une matière ne s’inscrit dans un principe d’économie circulaire que si la boucle peut être reproduite à l’infini. C’est le cas du verre ou encore de l’acier ! Sans compter que seuls les plastiques de type bouteilles en PET (polyéthylène téréphtalate) – qui ne représentent qu’une minorité des plastiques consommés – peuvent se plier aux exigences du recyclage et être régénérés pour une utilisation identique.

Et n’oublions pas que le recyclage du plastique reste un long processus. Qui plus est coûteux et énergivore ! Les contraintes logistiques de collecte sont importantes. La forte consommation d’énergie des multiples étapes est indiscutable. Dans ce contexte, posons-nous la question : le recyclage intensif des déchets plastiques n’est-il pas une énième couche à notre modèle consumériste ?

Respirer, boire et manger plastique

En réalité, c’est comme plâtrer une jambe de bois. Une fois à la décharge, le plastique continue de polluer le temps nécessaire à sa décomposition. Un briquet met 100 ans à se décomposer, 450 ans pour une serviette hygiénique. Sidérant : une bouteille d’eau peut prendre jusqu’à 1000 ans avant de disparaître !

En revanche, les particules très toxiques issues de la décomposition, elles, restent ad vitam aeternam. Par conséquent : on les retrouve dans l’air, l’eau et les sols. Au fil du temps, les micro-plastiques envahissent nos océans et toute notre chaîne alimentaire. Cela constitue un danger d’une ampleur encore impossible à évaluer. Pour l’ensemble des êtres vivants… Homme inclus.

La décomposition du plastique : un vrai danger pour la planète

Conclusion à tirer : le recyclage du plastique n’est pas un sésame ! Il n’épargne en rien notre écosystème, bien qu’il puisse modiquement contribuer à retarder les dégâts. Le tri des déchets reste un geste précieux, c’est vrai. Mais ne nous laissons pas aveugler par ce mirage : le plastique reste un produit issu du pétrole ! Qui dit pétrole, dit nocivité… pour la planète comme pour l’Homme.

Le roi du pétrole, c’est lui !

Il faut rappeler que le pétrole, nécessaire à la production de plastique, reste une ressource naturelle non renouvelable. De plus, son extraction reste l’industrie la plus polluante au monde ! Alors oui le plastique peut aujourd’hui être fabriqué à partir de cellulose, d’amidon ou encore de gaz naturel. Sauf que la majorité des plastiques sont encore fabriqués à partir de produits pétroliers ! En même temps, les étapes longues et complexes de la production sont extrêmement énergivores.

Une fois extrait du sous-sol, on sépare les différents constituants du pétrole brut (raffinage). Cela permet d’obtenir le fioul (pour le chauffage), le gazole, le kérosène et l’essence (pour les transports). Mais aussi le naphta, qui constitue l’ingrédient de base des matériaux plastiques. Le naphta subit une importante étape de transformation (le craquage) avant de devenir les petites molécules appelées « monomères » (éthanol, acétone, éthylène, propylène etc.). Les différents matériaux plastiques de notre utilisation quotidienne sont ensuite obtenus grâce à l’ajout d’adjuvants et d’additifs. Ils sont finalement mis en forme par moulage, par extrusion, par injection ou encore par thermoformage.

L’industrie pétrolière a encore de beaux jours devant elle. Après avoir déjà doublée depuis l’an 2000, la demande de plastique va continuer d’exploser. L’Agence internationale de l’Énergie (AIE) prévoit que la production pétrochimique augmentera de 30 % d’ici 2030 et de 60 % d’ici 2050 [3]. Cette croissance s’explique : les pays en développement vont eux-aussi accroître leur consommation ! Le plastique deviendra alors le premier débouché de l’industrie pétrolière. Devant le transport ! On utilisera davantage de pétrole pour fabriquer du plastique que pour utiliser les voitures, les camions et les avions.

Comprendre, réglementer et interdire

Le plastique devient l’un des pires symboles de la pollution humaine durable. Il est le fruit d’une société de consommation qui détruit sa propre planète. Les déchets plastiques polluent les océans (entre 8 et 12 millions de tonnes par an [4]). La recherche joue un rôle majeur pour remédier à cette pollution. Comprendre les effets nocifs des plastiques sur la biodiversité marine permet en effet d’orienter les politiques publiques et d’encourager les industriels à innover.

Le plastique : un danger pour la biodiversité marine

Dans un premier temps, c’est bien le devoir de l’État et des grandes industries que de donner le ton. Quand des mesures sont mises en place, on voit bien que cela fonctionne. Pour preuve : l’interdiction des sacs en plastique depuis juillet 2016. Il faut donc légiférer, réglementer et continuer d’interdire le plastique ! Sans omettre de fixer des objectifs de réduction de production. Et tout en sensibilisant le grand public sur ces enjeux.

Les entreprises elles aussi doivent tout mettre en œuvre pour réduire leur empreinte plastique. Comment ? En s’engageant à remplacer progressivement les contenants plastiques à usage unique. À noter : 12,7 millions de tonnes de plastique finissent chaque année dans les océans. Les bouteilles y sont le plus fréquemment retrouvées. Rien d’étonnant : il s’en vend un million chaque minute dans le monde ! Agir en amont de cette production est inévitable. Notamment en développant des systèmes de distribution basés sur la réutilisation, telle que la consigne.

Les industriels ont la responsabilité de garantir une fabrication faite à 100 % de matériaux recyclés, recyclables ou compostables. Leur transparence est attendue, face au défi du recyclage des plastiques et de leur pollution. Elle doit permettre de rendre publiques les informations sur le type et le volume de plastique utilisé, réutilisé et recyclé. Les industries disposent de tous les moyens humains, financiers et technologiques pour aller dans ce sens. Le procédé développé par la société française Carbios montre la voie à suivre. Elle conçoit des bouteilles fabriquées à partir d’un plastique 100 % recyclé depuis des déchets, grâce à des enzymes. Une première mondiale. En plus d’être une exclusivité française !

À vous de jouer

Malgré tout, le consommateur doit agir lui aussi. Cela commence par acheter moins de plastique, c’est évident. Le vrac se développe de plus en plus dans le commerce, une bonne solution certes. Cela dit, soyons clair : supprimer totalement le plastique de votre vie relève de la mission impossible… Mais vous pouvez déjà diminuer votre consommation. Quel que soient votre rythme et vos moyens, commencez par adopter les astuces que vous préférez ! Bien plus réaliste, n’est-ce pas ?

Par exemple, oubliez les boîtes de conservation alimentaire en plastique. Remplacez-les plutôt par des contenants en verre et/ou en inox ! Ou encore, testez une brosse à dents en bois que vous pourrez composter dès qu’elle sera abîmée. Autre excellente initiative : choisir un shampoing solide. Pensez à toujours sortir avec votre gourde en inox et à stopper la vaisselle jetable avec des gobelets réutilisables. Mais surtout, par pitié pour la planète et l’humanité : équipez-vous d’une carafe en verre et n’achetez plus jamais d’eau en bouteille plastique !

les alternatives au plastique pour un mode zéro déchet

Pour conclure, vous avez compris l’idée : il faut bannir l’usage unique et privilégier le réemploi. Cerise sur le gâteau : le plastique est littéralement moche comparé à l’esthétique du bois, de l’inox, du tissu ou du verre. Pas vrai ?

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[1]  « Gaspillage alimentaire en Europe le plastique à usage unique ne résout pas le problème. Comment mieux faire ? », rapport de Friends of the Earth Europe, Zero Waste Europe, Rethink Plastic, Institute for European Enviromental Policy.

[2] « Stoppons le torrent de plastique, guide à destination des décideurs français pour sauver la Méditerranée », WWF.

[3] L’Agence internationale de l’Énergie (AIE), rapport « World Energy Outlook », octobre 2018.

[4] « Le plastique, fléau des océans », campagne Greenpeace France.